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La Budig : un dernier tour de scène à Marlenheim

Entre rires et émotion, tournée d'adieu 2026

 

À Marlenheim, la Budig a offert au public un moment de cabaret à la fois drôle et émouvant. Avec « S’fangt an, quand c’est fini ! », Yves Grandidier et sa troupe présentent leur 30ᵉ et dernière revue, mêlant satire de l’actualité alsacienne, chansons et tendres clins d’œil à la vie d’ici.

 

Il y avait dans l’air comme un parfum de fin d’époque ce samedi 7 mars 2026 dans la salle des roseaux de Marlenheim lors de la représentation de la dernière revue du cabaret bilingue alsacien-français.

Depuis trois décennies, Yves Grandidier et sa troupe font vivre un cabaret populaire, enraciné dans le terroir mais toujours attentif aux sujets du moment. Pour cette ultime tournée, ils offrent un spectacle fidèle à leur esprit : drôle, tendre et profondément humain.

 

L’humour reste bien sûr au cœur de la soirée. La troupe croque avec malice la vie politique et les débats régionaux. Dans « La Mafialasace », un parrain  presque imaginaire semble tirer les ficelles d’une Alsace pas toujours simple à gouverner.

Les élections municipales 2026 , notamment à Marlenheim, sont épinglées avec un sens savoureux de l’ironie : une démocratie exemplaire puisqu’il y a « deux listes et deux programmes tellement différents… qu’ils sont identiques ».

Le spectacle aborde aussi, avec humour mais sans indifférence, le débat identitaire entre l’Alsace et le Grand Est, sujet sensible pour bien des spectateurs et des acteurs !

La Budig revient sur  un thème cher à Dominique Baumgarten avec le sketch consacré au don du sang. Peuplé de personnages drôles comme Monsieur Globule, Loulou, Emma Globine ou Milou le légionnaire et sa Rosalie , la scène rappelle avec justesse et fantaisie qu’aujourd’hui il n’y a pas que des gens tristes qui donnent leur sang mais des gays aussi. Parce que les avancées positives et la générosité peuvent aussi se raconter avec finesse et humour.

Parmi les moments les plus savoureux de la soirée, le sketch de la chorale déclenche de véritables éclats de rire dans la salle. Sous la direction du chef de chœur, Othello, aussi brillant qu’exigeant, une troupe d’élèves particulièrement doués s’applique à chanter à l’unisson… avec plus ou moins de discipline. Les situations dérapent, les répliques fusent et le public se régale de cette chorale aussi appliquée qu’irrésistiblement drôle. À leurs côtés, le pianiste, Amadeus, très impliqué et enthousiaste, accompagne la scène avec énergie et complicité, donnant encore plus de rythme et de relief à ce moment particulièrement réussi.

Mais la revue ne se contente pas de faire rire. Elle sait aussi émouvoir. Anaëlle Fargeas livre une interprétation particulièrement juste et touchante avec « A Schwartzi Katz », adaptation alsacienne de L’Aigle noir de Barbara. De son côté, Clément Garrec, dans « Le Baladin de demain », chante sa quête d’identité  et ses valeurs, dans un monde déjà construit par ses parents et tracé par ses deux frères, tout en délicatesse et en sincérité, accompagné de sa guitare.

L’émotion affleure encore dans le sketch du miroir de Dominique Baumgarten, qui évoque le temps qui passe et la nécessité d’accepter les années qui défilent.

Dans la salle, l’émoi est palpable : chacun mesure que c’est bien une page qui se tourne.

La troupe remercie la ville, le maire, le handball club et son public du soutien fidèle.

Après plus de trente ans et plus de 650 représentations, La Budig tire sa révérence. Yves Grandidier et ses complices ne manqueront pas de projets, mais ce cabaret bilingue, profondément familial et amical — où trois générations se sont souvent retrouvées sur scène et dans les coulisses  — laissera sans doute un vide dans le paysage culturel local et régional.

Car au fond, La Budig aura toujours su faire ce que le cabaret fait de mieux : faire rire de nous-mêmes, tout en nous parlant du temps qui passe et de ce qui nous rassemble. Et c’est peut-être pour cela que, même lorsque tout finit, comme le dit le titre de la revue… tout recommence un peu.

 

Merci la Budig — pour les rires, pour les émotions… et pour trente ans de cabaret en Alsace.

Le rideau tombe, mais en Alsace restent les souvenirs… et surtout le rire.

 

La tournée d’adieu de La Budig a débuté le 20 février 2026 à Brumath et se poursuit dans plusieurs communes alsaciennes.

Tournée 2026 :

20 février : Brumath, Maison des Œuvres (20h)

28 février : Hochfelden, Foyer Saints Pierre et Paul (20h15)

6 et 7 mars : Marlenheim, Salle des Roseaux (20h15)

21 mars (20h15) et 22 mars (14h30) : Lingolsheim, Foyer Saint-Joseph

17 avril : Hoenheim, Salle des Fêtes (20h)

24 avril : Bischwiller, Relais Culturel (20h15)

17 octobre : Geispolsheim, Espace Malraux (20h)

23 et 24 octobre : Schiltigheim, Salle du Cheval Blanc (20h15)

20 novembre : Barr, Caveau Klipfel (20h)

Contact :

La Budig – Yves Grandidier

www.budig.net

 

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