Les Bloosbrieder et le Père Noël

Conte musical au marché de Noël de Marlenheim

 

Il était une fois, dans la petite ville de Marlenheim, un marché de Noël scintillant de guirlandes, d’épices chaudes et de musique.

Sur la grande scène décorée de branches de sapin, un orchestre pas comme les autres s’apprêtait à jouer :

les Bloosbrieder de Wangen, treize musiciens aux cuivres brillants, accompagnés d’une batterie qui vibrait comme un cœur joyeux.

 

Cette année était très spéciale : les Bloosbrieder fêtaient leurs 100 ans !

Un siècle de musique, de fêtes et de bonne humeur.

 Les familles s’installaient, les enfants se pressaient au premier rang, et l’orchestre attaqua son dernier concert de l’année.

Mais alors que les notes s’envolaient dans l’air froid de décembre… quelque chose bougea derrière la batterie.

Un bonnet rouge.

Une barbe blanche.

Un manteau écarlate.

 

Le Père Noël apparut !

 — Ho ho ho ! lança-t-il d’une voix chaleureuse.

Le batteur sursauta tellement qu’il faillit perdre sa baguette !

 Les musiciens n’en revenaient pas. Les enfants, eux, retenaient leur souffle.

— Père Noël ? Vous ici ? demanda un trompettiste.

 Le Père Noël sourit sous sa barbe.

— Je suis venu pour une raison très spéciale… Vous fêtez vos 100 ans, n’est-ce pas ? Au Pôle Nord, on vous écoute depuis longtemps !

 Les musiciens rougirent. Certains cuivres firent un bloup ému sans le vouloir.

 Le Père Noël examina ensuite la batterie. Il tapota la grosse caisse.

— Oh ! Très impressionnant ! Vous me laissez essayer ?

 Le batteur, amusé, lui tendit une baguette.

Et le Père Noël joua un rythme drôle et joyeux.

 

Les enfants riaient, les musiciens souriaient, et même les guirlandes semblaient briller un peu plus fort.

 

Puis, comme un vrai chef d’orchestre, le Père Noël prit place devant les treize musiciens.

 

— Pour vos 100 ans… jouons ensemble un dernier morceau !

 

Et sous sa direction magique, l’orchestre lança "Petit papa Noël".

 

Quand le morceau se termina, le Père Noël déclara :

— Mes amis, voici un merveilleux centenaire. Continuez à faire briller votre musique.

 Puis il salua le public, fit un clin d’œil au batteur… et disparut dans la nuit étoilée.

 Mais l’histoire ne s’arrêtait pas là...

 

 Une fois le concert terminé, l’orchestre commença à ranger ses instruments.

 Le marché se vidait doucement, mais quelques enfants restaient, espérant revoir le Père Noël.

 C’est alors que le batteur remarqua une boîte posée près de sa grosse caisse.

Une jolie boîte rouge décorée d’étoiles dorées.

 Sur le dessus, une petite étiquette brillait :

 « Pour les Bloosbrieder, de la part du Père Noël.

À ouvrir tous ensemble ! »

 Les musiciens se regroupèrent, curieux comme des lutins.

Ils soulevèrent délicatement le couvercle…

 À l’intérieur, une lumière dorée illuminait un objet magnifique :

un métronome en bois, décoré de flocons de neige finement sculptés.

 Mais ce n’était pas un métronome ordinaire !

Dès que le batteur le toucha, le balancier se mit à bouger tout seul.

 

— Il invente des mélodies ! s’étonna un tuba.

— C’est un métronome… enchanté ! ajouta un saxophoniste.

 

Un petit papier glissa alors hors de la boîte.

Le chef du groupe le ramassa et lut :

 

« Pour vos 100 ans, voici un métronome enchanté.

Il ne donne pas seulement le tempo…

il donne aussi des idées !

Qu’il vous accompagne pour créer la musique du nouveau siècle.

— Votre ami, le Père Noël  »

 

 Les musiciens étaient émus.

Un trompettiste renifla.

Un saxophoniste tapota doucement l’épaule du batteur.

 

— Alors, dit spontanément  le chef…

Si on composait une nouvelle mélodie ?

La première de nos 100 prochaines années ?

 

 Ils posèrent le métronome au milieu de la scène.

Il battit la mesure… puis joua un air doux et mystérieux.

 

Un trompettiste répondit d’un petit ta-la-la.

Un tuba ajouta un boum-boum chaleureux.

La batterie entra, légère comme une neige fraîche.

 

Et sous les lumières fatiguées du marché de Noël,

les Bloosbrieder commencèrent à créer leur première composition du nouveau siècle, guidés par la magie d’un cadeau venu du Pôle Nord.

 

On raconte qu’en glissant dans le ciel,

le Père Noël s’arrêta un instant pour écouter.

Et qu’il murmura :

— Ces musiciens… ont encore de belles années devant eux.

 

 


 

En 2025, Wangen célèbre avec fierté les cent ans de sa société de musique, née en 1925. Depuis un siècle, cette formation – longtemps connue sous le nom de Musique Harmonie de Wangen – accompagne les moments forts du village, rythme les fêtes et transmet son amour de la musique à des générations de musiciens.

Fondée par quelques passionnés déterminés, l’Harmonie a très vite pris

une place essentielle dans la vie locale, devenant une véritable tradition sonore et affective.

Un tournant important survient en 2023 : l’ensemble se réinvente, adopte une formation composée uniquement de cuivres et d'une batterie, et prend un nouveau nom chargé de sens : Les Bloosbrieder, « les frères de la musique ».

Avec cette identité renouvelée, le groupe conjugue héritage et modernité, toujours porté par un esprit de camaraderie et de transmission.

Au fil des décennies, cette aventure musicale s’est surtout révélée profondément humaine : jeunes et anciens jouent ensemble, partagent les mêmes émotions et incarnent des valeurs de solidarité, de convivialité et de passion.

Pour leurs 100 ans, Les Bloosbrieder ont offert au public une année 2025 particulièrement festive, du concert du Nouvel An aux événements estivaux, jusqu’à une clôture d’automne mémorable.

Et cette étape n’est qu’un début : animés par l’enthousiasme de leurs membres et le soutien fidèle du village, ils comptent bien faire vibrer Wangen encore longtemps.

À Wangen, la musique ne s’éteint jamais. Joyeux centenaire aux Bloosbrieder !